« Papa, Maman, c’est bientôt Noël ! mais qu’est-ce que cela signifie l’Avent ? »
L’Avent précède Noël et marque quatre semaines de préparation, tant extérieure qu’intérieure : on prépare la crèche, on décore le sapin, mais surtout, on dispose son cœur à accueillir le Christ. Arrêtons-nous sur le sens du mot Avent pour partager et vivre avec nos enfants la profondeur de ce temps liturgique selon leur âge.
Ce temps d’attente trouve sa racine dans le mot latin adventus, signifiant « venue », lui-même issu du grec parousia ; termes utilisés dans l’Antiquité pour désigner l’arrivée d’un roi ou d’un dieu honoré par une procession triomphale. Ainsi, dès son origine, le mot porte une solennité : celle de la venue d’un être glorieux. Pour nous chrétiens, cette venue est celle du Christ, Roi humble et Sauveur du monde. Dans la Bible, le mot de parousie, désigne théologiquement la venue du Christ dans son cortège triomphal à la fin des temps.
Donc dans ce temps liturgique de l’Avent, nous ne préparons pas la venue de n’importe qui !
La venue du Christ, il n’y en pas qu’une, mais trois ! Saint Bernard de Clairvaux, dans de magnifiques sermons, nous aide à contempler ce mystère. Il souligne cette venue sous trois formes :
• Il est venu dans le passé, à Bethléem, lorsqu’il s’est fait homme pour notre salut.
• Il vient dans le présent, dans le secret de nos âmes par sa grâce et son amour.
• Il viendra dans le futur, dans sa gloire pour nous conduire à la plénitude de la vie éternelle.
De ces trois venues, c’est la venue dans le présent que l’Avent nous invite à contempler plus particulièrement. Elle demande de notre part une écoute du cœur pour reconnaître les signes discrets de la présence de Dieu dans notre vie. Si cette présence n’est pas toujours évidente, elle s’éclaire à la lumière des deux autres venues. En effet, nous finissons l’Avent par Noël, celle du passé garantissant que le Christ est déjà venu. Et nous commençons l’Avent par la promesse qu’il reviendra dans le futur.
En méditant l’une et l’autre, nous apprenons à reconnaître la venue du Christ au présent, souvent discrète, mais bien réelle. Comme le dit saint Bernard : « Le Christ peut bien venir mille fois dans la chair de la Vierge Marie, s’il ne vient pas aujourd’hui en toi, c’est en vain qu’il s’est fait homme. »
Ces trois venues ne sont donc pas séparées : elles s’éclairent les unes les autres. Et c’est là le sublime : finalement, il n’y a plus que l’unique venue éternelle du Christ ! C’est à l’intérieur de cette unique venue que sont en fait contenues les trois autres venues « passé, présent, futur ». C’est en même temps que le Christ vient dans la chair, en même temps qu’il vient dans notre âme et en même temps qu’il reviendra dans la gloire.
Parce que Dieu est éternel, est au-delà du temps, il surplombe le temps : « À tes yeux, mille ans sont comme un jour. » Ps 89 (90)
Vivons donc ce temps en famille, non comme un compte à rebours, mais comme une expérience spirituelle. « Voici que je me tiens à la porte et que je frappe : si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui. » Apocalypse 3, 20
Prière de l’Avent en famille :
Seigneur Jésus,
Tu viens frapper à la porte de notre cœur.
Aide-nous à t’attendre avec confiance,
à te préparer une place dans notre maison et dans notre vie.
Que ta lumière éclaire nos gestes d’amour et de partage.
Viens, Seigneur Jésus, et remplis nos cœurs de ta joie. Amen.