S’adressant aux femmes lors d’une semaine CANA Famille, Bénédicte, mère de famille, conseillère conjugale et membre de la Communauté du Chemin Neuf lance quelques pistes de réflexion sur « Être mère ».
Une bénédiction
Le miracle de l’engendrement, de la procréation suscite l’admiration, la gratitude, la contemplation devant l’œuvre de la nature, devant l’œuvre de Dieu. Qui ne s’émerveille pas devant la petite main ou les petits orteils d’un bébé ?
Le psalmiste lui-même s’émerveille : Ps 138-139, 13 « C’est toi qui m’as formé les reins, qui m’as tissé au ventre de ma mère ; je te rends grâce pour tant de prodiges : merveille que je suis, merveille que tes œuvres. »
Dans la bible, la maternité est présentée comme une faveur accordée par Dieu mais beaucoup de femmes bibliques ont aussi connu l’épreuve de la stérilité.
Une expérience personnelle
La maternité pour une femme est une expérience personnelle particulière : l’enfant vient prendre de la place dans son corps, dans sa tête, dans ses projets. La femme le nourrit de son corps, de ses caresses, de ses mots doux, mais aussi de ses émotions tumultueuses. La femme est « habitée » ce qui est une expérience intime unique.
Une affaire de femmes
Les femmes sont mères à la suite d’une multitude de mères. Elles sont unies dans cette aventure, au-delà des époques et des cultures.
Nous voyons cette complicité entre femmes dans la bible entre Marie et Elisabeth. Marie attendant Jésus, va se mettre au service de sa cousine Elisabeth qui a conçu dans sa vieillesse Jean-Baptiste. Elles partagent leurs joies, leurs questionnements et rendent grâce à Dieu à travers leurs cantiques et se soutiennent.
Une aventure pour le couple
La maternité vient bousculer la vie de couple. Le père a besoin que la mère l’accompagne à devenir père, lui qui n’a pas porté l’enfant, qui n’a pas vécu la même intimité avec l’enfant. La mère doit croire qu’il reçoit la grâce d’être père, d’être gardien de ce jardin qu’est notre famille.
Dans la bible, nous voyons l’expérience de Joseph. Joseph est inspiré par un songe, prend sa responsabilité et conduit la sainte Famille en Egypte pour la protéger.
En tant que mère, la femme peut parfois mettre de côté sa mission d’amante, d’épouse aimante. La maternité peut être « comblante » (comme la vie professionnelle) et conduire à s’éloigner de son conjoint. Les dialogues sur ce sujet sont très importants pour que chacun puisse exprimer ses émotions, ses besoins, ses attentes notamment dans le domaine de l’intimité physique.
Écueils et remèdes
Dans l’expérience de la maternité, plusieurs écueils peuvent être vécus : la tentation de la toute-puissance, de l’autosuffisance, de ne dépendre de personne, le contrôle, la possessivité, le désir de perfection, la démission – la fuite, l’inquiétude, le découragement…
Pour une mère, repérer le piège dans lequel elle tombe le plus fréquemment peut lui permettre de se convertir et de chercher le remède adapté.
Plusieurs remèdes peuvent aider les femmes à vivre pleinement leur rôle de mère :
– l’humilité, la douceur, l’action de grâce (reconnaissance : « Le puissant fit pour moi des merveilles »),
– l’interdépendance (l’unité avec le conjoint)
- l’humour, le consentement à ses limites et ses fragilités,
- l’intercession « Jésus, j’ai confiance en toi »,
- le ressourcement.
Conclusion
Il s’agit d’être créative pour trouver sa propre manière d’être mère en se laissant conduire par l’Esprit Saint jour après jour.
Dans l’exhortation apostolique AMORIS LAETITIA (n°174), le pape François écrivait en 2016 : « Les mères sont l’antidote le plus fort à la diffusion de l’individualisme égoïste. Ce sont elles qui témoignent de la beauté de la vie […] Très chères mamans, merci, merci pour ce que vous êtes dans la famille et pour ce que vous donnez à l’Eglise et au monde. »