Amoris Laetitia, 10 ans déjà que le Pape François promulguait cette exhortation apostolique sur « la joie de l ‘Amour » ! Et si notre couple s’en nourrissait ?1
A l’occasion de ce 10e anniversaire, le pape Léon XIV dans un message adressé aux familles et aux pasteurs, a qualifié cette exhortation de « message lumineux d’espérance concernant l’amour conjugal et familial », « un enseignement précieux que nous devons continuer à approfondir aujourd’hui ». Cette exhortation, dit-il, est « une proposition aux familles chrétiennes, qui les stimule à valoriser les dons du mariage et de la famille, et à garder un amour fort et nourri de valeurs ». Dans cet esprit, nous pouvons lire en couple le très beau commentaire de l’hymne à la charité pour la croissance de l’amour du chapitre 4.
Il se dégage de ce chapitre de Amoris Laetitia (AL) une familiarité aussi respectueuse et affectueuse pour la Parole de Dieu que pour le couple. Le pape François nous dit : « Arrêtez-vous, écoutez ; voici ce que moi-même j’ai entendu ».
Le couple est d’abord invité à goûter la beauté de l’amour conjugal, que saint Thomas envisage comme « la plus grande des amitiés » parce qu’il offre l’intimité, la tendresse, la sécurité, la reconnaissance mutuelle. Nous sommes également invités à nous laisser déplacer pour déjouer les pièges d’une idéalisation excessive. Le mariage chrétien est le lieu où l’amour se déploie et subsiste « en dépit de tout », entre des personnes qui ont toutes « leurs limites ». A CANA, nous disons volontiers que nous sommes « un pauvre devant un autre pauvre ».
On découvre peu à peu que la puissance de renouvellement de l’amour appartient à l’Esprit Saint, qu’il convient d’invoquer sans relâche, et particulièrement en ce temps de Pentecôte ! Tout ce qui pourrait anéantir l’amour est finalement de peu de poids au regard de la force surnaturelle que la grâce distille en nous au quotidien.
Il est vrai que, parce que nous cherchons à aimer, nous aurons certains jours à lutter. Mais le sachant, nous sommes mieux préparés à accueillir l’imprévu et à discerner comment nous pourrons faire le bien que nous désirons. Mais faudra-t-il toujours lutter ? L’amour est-il seulement un combat ? Le pape nous guide patiemment vers une autre compréhension de « l’amour en dépit de tout ». La clé en est la joie car la joie précède l’amour sur le chemin de la perfection.
Si on oublie cela, on tombe dans l’illusion qu’il y aurait des « familles parfaites » devenues telles par leurs propres forces. Avec Jean-Paul II, François affirme au contraire que la perfection des gens mariés consiste à accueillir dans la joie une perfection « qui jaillit de la charité » car elle est un cadeau de Dieu. Certes, la lutte ne disparaît pas. Mais elle s’appuie sur la promesse du mariage, cette « ouverture au définitif » placée dans les mains de Dieu, qui aide à découvrir que le plaisir d’aimer trouve des expressions diverses à travers le temps.
Quand l’autre traverse les difficultés qui le rendent moins aimable, la fidélité reste source de joie.
Comme à son habitude, le pape commence par la parole de Dieu. Ici l’hymne a la charité souvent lu dans les mariages. Le pape François montre que les verbes choisit dans ce passage de Saint-Paul pour guider les comportements des chrétiens, reprennent les verbes par lesquels l’Ancien Testament exprime l’attitude miséricordieuse de Dieu envers les hommes.
En citant des exemples tirés de la vie familiale, un chemin de foi se dégage : nous sommes tous appelés à incarner l’amour de Dieu dans des actes concrets.
Restons humbles car l’équilibre humain est fragile et l’essentiel est d’apprendre à aimer avec ses propres limites en sachant que l’autre aussi a aussi les siennes.
Chacun de nos couple est appelé à cultiver la joie, les bonnes habitudes, les gestes qui accueillent l’autre et le grandissent, et même à parler le « langage aimable de Jésus ».
Le verbe « cultiver » revient très souvent dans ce chapitre 4, tout comme le mot « croissance ». En invitant à cultiver des attitudes simples et vraies, le pape s’inscrit dans les pas de Saint Paul qui enseignaient que si les uns plantent et que les autres arrosent, c’est Dieu cependant qui accordent la croissance (1Co 3,6).
Ce chapitre 4 s’achève sur une note d’espérance : l’allongement de la vie aujourd’hui, offre aux époux la possibilité de toujours réapprendre à se choisir mutuellement. Car Dieu ne cesse d’agir : il accompagne les époux sur leur « chemin de croissance et de transformation personnelle ».
1 Introduction au chapitre 4 d’Amoris Laetitia à partir de la présentation de Philippe BORDEYNE et Marie-Dominique TREBUCHET dans l’édition annotée Fidélité-Lessius
Voici le chapitre 4 de Amoris Laetitia :