Janvier … On souhaite à nos amis : « Bonne année, bonne santé ! » et plein d’autres souhaits de bonheur. Mais au fond… le Nouvel An et son appareillage de souhaits divers ont-ils un sens spirituel ? Est-ce qu’un simple changement de chiffre sur un calendrier et de bons vœux peuvent transformer notre vie ?
Le 1er janvier n’est pas une fête religieuse pour les chrétiens. Cette date relève surtout de l’organisation humaine du temps. Le fait que le moment marquant le début d’une année nouvelle n’a pas toujours été le même selon les époques et selon les cultures montre que ce n’est pas la date qui est importante. Ce besoin de marquer le déroulement du temps et cette tradition si importante de souhaiter une « bonne année » ne cacheraient-ils pas une angoisse du futur, de l’avenir ? Car il faut bien l’avouer, le temps matériel peut apparaître comme un temps de désordre et de dégradation : notre planète s’use, le climat se dérègle, les guerres ne cessent, et nous-même… notre corps aussi se dégrade au fil du temps quoique l’on fasse…
Dans l’Ancien Testament, on pensait que vivre longtemps était la plus grande bénédiction. Jésus nous invite à changer notre manière de regarder le temps : Il meurt jeune, et pourtant, sa vie est pleinement accomplie. L’important n’est peut-être pas la quantité, mais la qualité : vivre pleinement, en aimant, en faisant le bien, en donnant du sens à chaque jour.
En effet, le temps de Dieu n’est pas notre temps ! L’homme de foi est libéré de cette angoisse parce que pour le chrétien, comme dit Saint Paul : « J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent, ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. » Rm 8, 38-39
Saint Augustin l’affirme, le temps de Dieu est un temps de création, de promesse et de progression. Alors peut-être que la vraie « bonne année » n’est pas de souhaiter une année sans problèmes mais une année où, en toutes circonstances, nous grandirons intérieurement, nous aimerons davantage, nous avancerons avec confiance, comme un enfant qui se fortifie et se transforme.
Dans ce sens, souhaiter de bons vœux reste une chose fondamentale et précieuse : montrer l’attention que je porte à un grand nombre de personne, privilégier la relation dans ma vie ! Souhaiter une bonne année prend alors tout son sens spirituel : dire à l’autre « je te veux du bien ». C’est bien cela les vœux du croyant. C’est offrir les paroles que le Seigneur donne lui-même à Moïse pour les fils d’Israël :
« Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce !
Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !” Nb 6, 24-26
Souhaiter à chacun d’accueillir la bénédiction de Dieu dans notre nouvelle année, oui !
Mais nous sommes même invités à aller plus loin : choisir de bénir nous-mêmes. Bénir Dieu pour ce qu’il est ! Bénir mon voisin, bénir mon conjoint, bénir mes enfants !
« Invoquez sur les autres la bénédiction, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin de recevoir en héritage cette bénédiction. » 1P 3,9
Notre sœur de communauté, Virginie dans son livre « Change de vie, deviens bénédiction ! », exprime avec force combien la bénédiction est notre vocation profonde :
« La bénédiction est une arme redoutable, car elle transforme tout sur son passage. Elle est créatrice de vie nouvelle. Elle transforme les relations, les cœurs repliés sur eux-mêmes.
La bénédiction transforme aussi en profondeur celui qui la prononce.
Nous devenons porteurs de cette Parole, qui est le Christ lui-même. Parole qui fait ce qu’elle dit. Parole performative. Parole qui ouvre les portes verrouillées et redonne vie à ce qui est mort en nous et en l’autre.
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Entrons dans la joie créatrice de la bénédiction, en tenant la main de Jésus qui est le Béni par excellence ; la bénédiction en personne.
Là est le secret de la joie imprenable.
Et l’urgence pour notre monde ! » – page 6 et 7 –
Le début d’année est le moment des vœux, mais aussi des résolutions.
Alors souhaitons-nous et redisons-nous les uns aux autres : « Change de vie, deviens bénédiction ! »
