Ce mois de juin a débuté par un évènement de l’Église catholique qui peut nourrir notre vie de foi, dans nos missions CANA. En effet, le 1er juin dernier, en cette année jubilaire, s’est vécu le magnifique « jubilé des familles » à Rome. Et si nous nous laissions interpeller, toucher par cet évènement ?
Qu’est-ce qu’un jubilé ? Dans la tradition biblique, le jubilé est l’équivalent d’un shabbat, mais un shabbat exceptionnel. C’est le moment où nous remettons toutes choses au Créateur. C’est un moment de bénédiction, de joie, de fête, de repos. Dans le peuple juif, c’est aussi un temps de remise de dette, un temps où l’on construit la paix.
Pour nous, vivre cette démarche jubilaire, c’est prendre le temps personnellement, en couple et en famille pour se dire et contempler les merveilles que le Seigneur a fait pour nous, reconnaître sa présence dans les moments heureux de notre vie, comme dans les épreuves. C’est aussi le temps de se reconnaître pauvre l’un envers l’autre et de se pardonner sans réserve.
Tout cela, nous le pouvons parce que nous professons ensemble que tout vient de Dieu ; que notre amour est fécond en Lui, par Lui et avec Lui. Le jubilé en famille, c’est accueillir ce temps favorable de la grâce, du pardon, de la réparation, de la confiance redonnée, de l’estime à nouveau acquise. C’est vivre un temps de gratitude, de gratuité.
L’Église nous invite à concrétiser ce temps par une démarche : passer en famille la Porte Sainte. Cet acte, qui oblige un déplacement, signifie cette profession commune que Jésus-Christ est le Seigneur et que nous voulons vivre de la vie nouvelle qu’Il nous donne. La Porte Sainte est la traduction concrète dans notre vie, de ce que Jésus nous a dit : « Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé. » Jn 10,9
Le jubilé, en plus d’être une fête de la reconnaissance et du pardon, est aussi le temps de regarder vers devant. Et pour cela, laissons-nous interpeller par la parole du pape Léon qui s’est adressé aux familles lors de ce jubilé romain. Lors de la messe de clôture, le pape a lancé sept défis aux couples insistant sur le fait que « le monde d’aujourd’hui a besoin de l’alliance conjugale pour connaître et accueillir l’amour de Dieu ». (cf le lien à rajouter)
En particulier, il supplie les couples, dans son premier défi, d’être « un« , à l’image trinitaire, à l’image des couples saints. En effet, c’est dans ce grand mystère trinitaire que nous trouvons la source de notre unité, dans la circulation d’amour entre le Père, le Fils et l’Esprit. Nous en sommes l’analogie bien imparfaite mais c’est en cet amour divin et par grâce que l’unité peut grandir dans notre couple. Ce désire d’unité est cher au pape Léon XIV, il est aussi au cœur de notre chemin dans CANA. Et cette union conjugale n’est pas impossible. Le pape cite pour preuve ces couples saints, Louis et Zélie Martin, Luigi et Maria Beltrame Quattrochi, la famille Ulma. Ils ont été canonisés « non pas séparément, mais ensemble, en tant que couples mariés ».
En ce temps de Pentecôte, pour grandir dans cette unité, abandonnons-nous à l’Esprit Saint en particulier sur deux points :
- Que nous prenions la mesure de la gravité de notre engagement l’un devant l’autre en tant qu’époux(se), en tant que parents ; que nous l’intégrions dans notre cœur. Nos enfants et le monde ont besoin de notre amour conjugal pour reconnaître et accueillir l’amour de Dieu.
- Que nous prenions conseil sur la simplicité de nos enfants, qui font confiance à ce que Dieu veut leur donner, pas après pas. Choisissons la simplicité de la confiance en Dieu, même quand on ne sait où va le chemin. Car, pour reprendre l’image que donnait le cardinal Aveline à la Communauté du Chemin Neuf lors de son Chapitre général, nous avançons avec une lampe frontale avec laquelle nous voyons juste à deux mètres devant. Mais ces deux mètres là, sont ceux que le Seigneur, qui nous accompagne, nous donne d’accomplir maintenant. « Ta parole est la lumière de mes pas, la lampe pour ma route » nous dit le psaume ; mais cette lumière est une lampe frontale. Et les enfants le savent, c’est la simplicité de la confiance en Dieu.
Soyons sûr que, si nous nous en remettons à Lui, l’Esprit Saint travaille, d’une façon que Dieu connaît, à notre mission de « sacrement d’unité » pour Sa gloire !