Les derniers jours de Jésus dans son humanité ont été d’une telle intensité que le monde en a été changé à jamais ! Comment pourrions-nous vivre cette semaine sainte avec intensité et profondeur spirituelle ? Tout d’abord, peu importe la qualité de notre Carême, même s’il semble « raté », l’essentiel est de bien le terminer ! De fait, la première personne qui est entré au Paradis, c’est un brigand, un meurtrier crucifié avec Jésus. L’important est, comme dit St Paul, « oubliant le chemin parcouru et tout tendu en avant, je m’élance vers le but, en vue du prix attaché à l’appel d’en haut que Dieu nous adresse en Jésus Christ. » Ph 3,13-14
Quel sens personnel souhaitons-nous donner à notre semaine sainte ? Comment éviter de simplement la limiter à une remémoration émotionnelle historique ?
Au moment où j’écris ces quelques lignes, l’actualité du monde n’est que bombes et souffrances. Mais en ce même moment, la liturgie nous offre de méditer la rencontre de Jésus avec la samaritaine Jn 4, 5-42 (évangile du 3ème dimanche de Carême).
Le sens le plus profond de la semaine sainte, c’est le passage de la mort à la vie, autrement dit le Salut pour l’Homme par la passion, la mort et la Résurrection de Jésus.
Ce texte de la Samaritaine ouvre quelques pistes pour entrer intérieurement dans ce temps liturgique si fort, qui actualise dans des lieux précis de nos vies, le passage de la mort à la vie.
1- Jn 4, 6 : Jésus est fatigué, il a soif. Il y a un autre moment dans cet évangile où Jésus a soif, c’est sur la croix (Jn 19,28). Jésus est fatigué de chercher ceux pour qui il est venu annoncer le Royaume. Comme pour cette femme de Samarie, Jésus a soif d’être en relation avec chacun de nous. Que ces jours saints soient des jours de relation intime avec le Christ, par la prière, la sobriété, le silence, les célébrations liturgiques… pour accueillir « l’eau que je lui donnerai (et) qui deviendra en lui une source d’eau jaillissante pour la vie éternelle » (v.14)
2- Jn 4, 23-24 : Être en relation « en Esprit et en Vérité » avec Dieu, c’est selon Jésus devenir un « vrai » adorateur de Dieu et c’est ce que Dieu recherche. Cette femme de Samarie a laissé le Seigneur faire la vérité dans sa vie. Il lui a révélé son péché. Les fruits sont immédiats, elle est libérée et témoigne joyeusement sans peur. Dans cette relation intime avec Jésus, osons nous aussi faire la vérité dans nos lieux cachés pour être libéré. Allons auprès d’un prêtre confesser notre péché et accueillir pleinement la joie de la miséricorde, du Salut qu’Il désire.
3- Jn 4, 40- 42 : Jésus reste deux jours en Samarie et après ces deux jours les samaritains croient en Lui, non plus à cause des paroles de la femme qui témoignait, mais ayant rencontré Jésus lui-même. Peut-on rapprocher ces deux jours de Jésus en Samarie, au vendredi et samedi saint, ces jours mystérieux où Il descend dans nos enfers, nos enfermements pour nous sauver de la mort et nous ramener à la vie.
Que cette semaine sainte soit celle où nous accueillons la soif de Jésus de demeurer avec et en nous, celle où nous le laissons faire la lumière là dans nos zones sombres ; vivons le sacrement de réconciliation. C’est bien pour cela que le Christ est mort, nous sauver du péché, alors ne le laissons pas mourir en vain !
Finalement, il nous est proposé, pendant cette semaine sainte, d’abandonner notre puits où l’on s’épuise à puiser de l‘eau par nos propres forces, pour aller à la source, c’est-à-dire au pied de la Croix du Christ d’où jaillit de son corps transpercé, l’eau de la vie éternelle !
4- Jn 4, 42 : Alors, comme les samaritains, dès la Vigile Pascale nous pourrons chanter dans une joie débordante, en « vrai adorateur », « C’est Lui le sauveur du monde ! » Il est ressuscité ! C’est le moment de se laisser porter, habité par l’Esprit, en cet un instant de fraîcheur et de joie en clamant l’Exultet, instant qui n’existe nulle part ailleurs ! C’est le temps du « grand Alléluia pascal ! » en une longue journée liturgique qui commence le samedi soir jusqu’au dimanche soir, où le cierge pascal brûle 24 heures non-stop pour bien le signifier ! Oui, Il est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !
« Il y a quelque chose que je trouve extraordinaire, c’est que c’est à chaque fois nouveau, puisqu’on parle de salut, j’ai l’impression de pouvoir entrer dans la Semaine sainte avec l’attente que quelque chose va changer et qu’il y a un point de souffrance ou de péché de ma vie que je peux remettre à Dieu. » Mgr Etienne Vetö
Rien ne résiste à l’Amour de Dieu qui s’est abaissé pour nous…