Pour certains, « Joyeuses Pâques » évoque d’abord la chasse aux œufs en chocolats : les parents cachent les œufs, les enfants les cherchent activement et gardent précieusement le fruit de leur quête. Mais derrière ces joies familiales partagées et formidables se cachent une question profonde : qu’est-ce que nous cherchons vraiment ? Qui cherchons-nous ?
En méditant l’Évangile offert lors de la veillée pascale, cette année en Mt 28 1-10, ce qui saute aux yeux, c’est que tout commence par une absence : les femmes viennent au tombeau pour accomplir le rite des morts sur le corps de Jésus. Jésus n’est pas là. Elles le cherchent… Et ne le trouvent pas tout de suite. Nos vies conjugales traversent toutes des difficultés et il peut arriver que l’on croit que notre couple est mort ; Jésus n’est plus là, la vie a disparu et nous éprouvons une impression de vide.
Au début du récit il se passe des choses impressionnantes : un grand tremblement de terre ; des gardes qui tremblent et paniquent ; l’énorme pierre du tombeau roule, l’ange du Seigneur descend du ciel, s’assied sur la pierre, parle aux femmes !
L’intervention divine peut susciter la peur et l’incompréhension. Comme la veille, lors de la mort de Jésus, beaucoup n’ont pas compris, n’ont pas reconnu en lui l’envoyé de Dieu, l’ont rejeté. On l’a ensuite enseveli dans un tombeau fermé avec une énorme pierre bien scellée, comme pour bloquer l’accès à Dieu vers l’humanité. La pierre du tombeau représente ce refus qui s’est exercé avec force et violence ; encore aujourd’hui, elle exprime l’endurcissement du cœur humain, le péché et tout ce qui enferme l’homme loin de Dieu et qui traversent non seulement l’actualité, mais traversent aussi chacun de nous, chacun de nos couples. Dans nos couples, cette pierre peut prendre différentes formes : paroles blessantes, non-dits, fatigues accumulées ou autres poids qui créent cette lourdeur…
La bonne nouvelle de Pâques, c’est que la pierre symbolisant toute la dureté du mal et de nos enfermements : Dieu la roule ! Il la dégage ! Il la fait sauter ! IL S’ASSOIT DESSUS… signe que rien ne peut empêcher Dieu de rejoindre l’humanité.
La RÉSURRECTION du CHRIST proclame que l’amour de Dieu est plus fort que le péché et la mort ! Alors la parole de l’ange s’adressant aux femmes est aussi pour nous, pour notre couple, dans ce « VOUS » réitéré trois fois :
« Vous, soyez sans crainte ! »
« Vous qui cherchez Jésus »
« Vous le verrez en Galilée »
Triple promesses qui nous invitent ensemble à choisir : – soit être comme les gardes, pétrifiés et paralysés par la peur, fermés l’un à l’autre, fermés à la présence de Dieu ; comme morts – soit, se décider ensemble, comme les femmes de l’Évangile qui sont en recherche, en désir, en mouvement et devenir comme elles, missionnaires dans la Foi, « remplies à la fois de craintes et de joie » (Mt 28,8). C’est sur ce chemin que Jésus se laisse trouver, que les femmes ont vu Jésus. C’est en cheminant personnellement, en couple, en famille, que nous trouverons Jésus. C’est en vivant et en allant l’un vers l’autre et vers nos frères et sœurs, dans « notre Galilée », que le Seigneur se manifestera. La Galilée, où Jésus donne rendez-vous, n’est pas un lieu abstrait, lointain, mais symbolise le quotidien de nos vies : nos maisons, nos familles, nos échanges, nos fraternités. C’est dans la vie de tous les jours — joies, épreuves, relations — que Dieu se laisse rencontrer. Ainsi, la rencontre avec le Ressuscité ne relève pas d’une expérience exceptionnelle ou réservée à une élite, mais s’inscrit dans la réalité concrète nos vies.
En définitive, le mystère de Pâques, c’est comprendre la Résurrection, non seulement comme un événement, mais comme une dynamique nous engageant, personnellement et en couple, dans une démarche de recherche, de conversion intérieure et d’ouverture à la présence de Dieu dans l’ordinaire de l’existence.
Célébrer Pâques en couple et en famille, c’est croire que la résurrection du Christ peut aussi redonner vie à notre couple. C’est aller chercher ce bon vin de Cana qui redonne du goût et la joie dans nos couples. C’est prendre l’engagement de nous mettre en chemin, parce que le message de Pâques est aussi pour le couple, même après des moments difficiles :
l’amour peut toujours renaître.
Et comme aux disciples, le Ressuscité nous fait dire: «Il vous précède en Galilée. Là, vous le verrez, comme il vous l’a dit». Oui, il nous faut marcher vers la Galilée de nos vies pour voir le Christ ressuscité, vivant et agissant ! ALLÉLUIA !