En ce début d’une nouvelle année CANA, chaque couple a choisi librement son chemin personnel de couple, en lien avec ses responsables, autour des quatre dimensions suivantes : Couples & Familles, Mission, Fraternité, Relation personnelle au Christ.
Voici une réflexion partielle et limitée, mais qui peut faire écho en nous sur comment vivre deux dimensions particulières : Grandir dans notre relation personnelle au Christ et Partager la vie fraternelle dans une fraternité.
Grandir dans notre relation au Christ
Il s’agit certes, de prier personnellement, de prier en assemblée, de vivre une retraite… Mais surtout, dans tous ces moments en Sa présence, il s’agit de se laisser transformer par Lui.
Grégoire de Nysse, ce Père de l’Eglise eu IVe siècle, nous donne une magnifique analogie, qui nous montre comment la Grâce de Dieu agit sur nous :
Pour façonner notre image par sa grâce, Dieu s’y prend comme un sculpteur : Ce sculpteur à partir d’un bloc de pierre ou d’un bloc de bois ne fabrique pas une sculpture. Il enlève ce qu’il a caché.
La sculpture est un travail où on retranche et on n’ajoute rien pour faire voir l’image que le sculpteur a vu et que d’autres n’ont pas vu parce qu’ils n’ont vu qu’un bloc de pierre ou un bloc de bois.
Telle est l’œuvre de la grâce dans le cœur de l’homme, lui rendre cette dignité de l’image et de la ressemblance non pas en ajoutant mais en simplifiant.
Et plus on consent à avancer sur ce chemin de détachement, de simplification, de dépouillement, plus on rentre en soi-même pour mieux se décentrer puisque le plus intime de nous-même c’est le mouvement de transcendance qui nous tourne vers Dieu en nous tournant vers nos frères ce que saint Augustin appellera le désir de Dieu.
« Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. » 1 Jn 3,2
Choisir de grandir en fraternité, en étant tout simplement nous-même.
En effet, partager avec d’autres personnes n’est pas naturel dans nos sociétés. Mais si le monde nous pousse à l’isolement dans nos armures de performance et parfois de repli, l’Evangile nous invite à une révolution invisible : celle du partage de nos fragilités.
Jésus par sa parole « donne-moi à boire », dévoile à la samaritaine son manque et sa vulnérabilité ; mais par cette authenticité, Il entre en relation profonde avec elle.
Car en vérité, qu’est ce qui nous lie vraiment les uns aux autres ? Ce ne sont pas nos diplômes plus ou moins nombreux, ni la quantité de nos richesses, ni nos réussites affichées… Ce qui nous lie en réalité, ce sont nos manques, nos attentes, nos doutes, notre recherche d’un amour plus grand et plus sincère.
La véritable fraternité ne naît pas de la réunion de nos forces, mais de l’audace de notre parole, de la reconnaissance de là où nous en sommes et du courage du partage même de nos blessures.
Tant que je me crois fort, je n’ai pas besoin de l’autre ; le risque de ma présence en fraternité est de consommer ou pire, de subir.
Mais dès que j’accepte d’oser le partage sincère, de montrer aussi ma faille, l’autre devient mon frère, car lui aussi en porte une.
Dans cette société qui nous veut « autosuffisants » et « connectés », le risque est de mourir soif auprès de la source. La vraie connexion n’est pas numérique, elle est comme « sacramentelle », elle se produit quand un homme, une femme, ose dire devant ses frères et sœurs : « j’ai besoin de toi ».
Car nous le savons bien, nous sommes tous « des pauvres face à d’autres pauvres », mais heureux et riche de la Révélation l’amour du Père pour chacun de nous, et de la Présence du Jésus dans nos vies !
« Ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. » Ep 4, 2-3
Belle année CANA ensemble !