Le 26 septembre dernier, Sophie et Jérôme, Agnès et Xavier, Daphnée et Matthieu, les trois couples responsables de CANA en France, se sont retrouvés place de la Concorde à Paris pour participer à la messe célébrée par le pape Léon XIV. Au sein de la délégation de la Communauté du Chemin Neuf, ils sont venus témoigner de leur attachement à l’Église et à la mission auprès des couples et des familles, mais aussi se laisser renouveler par la parole du pape et la ferveur d’une foule immense.
Une place, une foule, une Église vivante
Il y avait quelque chose de saisissant, ce samedi 26 septembre, place de la Concorde. Des centaines de milliers de personnes rassemblées au cœur de Paris, des drapeaux, des chants repris en chœur, des visages venus de tous les horizons… Pour la venue du pape Léon XIV, la capitale s’est transformée le temps d’une journée en un immense lieu de rassemblement et de prière. Selon le Vatican, près de 800 000 fidèles ont participé à la messe présidée par le Saint-Père.
Dans cette foule impressionnante, six visages familiers de CANA : Sophie et Jérôme, responsables pour le Sud, Agnès et Xavier pour l’Ouest, Daphnée et Matthieu pour le Nord. Les trois couples avaient fait le déplacement pour vivre ensemble cet événement exceptionnel, au sein de la délégation de la Communauté du Chemin Neuf.
Leur présence n’était pas seulement celle de fidèles venus accueillir le successeur de Pierre. Elle exprimait aussi leur engagement au service des couples, leur attachement à l’Église universelle et leur désir de puiser à nouveau à la source de la mission qui les anime.
Car, dans le quotidien de CANA, les rencontres, les week-ends, les sessions et l’accompagnement des couples mobilisent beaucoup d’énergie. Il faut accueillir les histoires singulières, accompagner les joies comme les fragilités, inventer des propositions adaptées aux réalités d’aujourd’hui et soutenir ceux qui s’engagent et portent la mission. Prendre le temps de se retrouver à une échelle plus large, au cœur d’une célébration qui rassemble toute l’Église, permet de retrouver le sens profond de cet engagement.

« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive »
C’est autour de cette parole de Jésus, tirée de l’Évangile selon saint Jean, que Léon XIV a construit son homélie : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive » (Jn 7, 37).
Le pape a invité les fidèles à s’interroger sur leur soif profonde. Nous aspirons tous au bonheur, à l’amour, à l’épanouissement ; mais où cherchons-nous de quoi étancher cette soif ? Dans une société qui pousse souvent à rechercher des satisfactions immédiates, cette question résonne particulièrement dans la vie des couples et des familles.
La mission de CANA rejoint précisément cette aspiration. Au fil des années, les couples peuvent connaître l’essoufflement, les incompréhensions, les difficultés de communication ou les épreuves qui fragilisent leur relation. D’autres cherchent simplement à donner davantage de profondeur à leur vie à deux, à mieux se comprendre ou à redécouvrir la place de Dieu dans leur histoire.
En proposant des espaces où chacun peut prendre du recul, dialoguer, prier et rencontrer d’autres couples, CANA souhaite ouvrir des chemins pour que l’amour grandisse et que la vie conjugale retrouve sa fécondité. L’homélie du pape rappelle que cette source ne se trouve pas d’abord dans des recettes ou des solutions toutes faites, mais dans une rencontre vivante avec le Christ.
Léon XIV a ainsi encouragé les chrétiens à s’abreuver au cœur de Jésus, pour devenir à leur tour des sources de vie pour les autres. Une invitation qui rejoint profondément la vocation des couples engagés dans CANA : accueillir ce qu’ils reçoivent, le laisser transformer leur propre vie et le partager autour d’eux.
Les familles, actrices de la mission de l’Église
Au cours de la messe, le Saint-Père a adressé un message particulièrement fort aux familles. « Je pense à vous, chères familles, qui, malgré les multiples difficultés que vous affrontez au quotidien, persévérez courageusement dans votre mission », a-t-il déclaré, avant de les remercier pour tout le bien qui se réalise à travers elles.
Ces mots donnent une perspective précieuse à la mission de CANA. Les familles ne sont pas simplement des personnes auxquelles l’Église propose un accompagnement ou des activités. Elles sont elles-mêmes porteuses de la mission de l’Église, par leur manière d’aimer, de pardonner, de transmettre la foi, d’éduquer leurs enfants et de prendre soin des plus fragiles.
C’est aussi ce que le pape Léon XIV a développé quelques jours plus tard, le 7 octobre, en rappelant que les familles participent à la mission de l’Église dans le cadre ordinaire de leur vie. Leur témoignage se déploie dans la fidélité quotidienne, les gestes de bienveillance, les efforts pour traverser les conflits, l’attention aux personnes âgées et le service de la société.
Pour CANA, cette vision est essentielle. Il ne s’agit pas seulement d’aider les couples à mieux vivre ensemble, même si cet objectif est déjà précieux. Il s’agit aussi de les aider à découvrir que leur amour, avec ses richesses et ses fragilités, peut devenir un lieu où Dieu se rend présent et un témoignage d’espérance pour les autres.
Accompagner les couples, c’est donc prendre soin d’eux, mais aussi reconnaître leur capacité à faire grandir la vie autour d’eux. C’est leur permettre de devenir acteurs de la mission, dans leur famille, leur entourage, leur communauté chrétienne et la société.
La ferveur populaire, signe d’espérance
Au-delà des paroles prononcées, la force de cette journée tenait aussi à ce qu’elle donnait à voir. Une foule immense réunie pour prier, chanter et écouter le pape ; des jeunes enthousiastes, des familles, des personnes venues parfois de loin ; une diversité de visages et de parcours rassemblés dans un même élan.
Dans son homélie, Léon XIV a également souligné l’engagement de nombreux jeunes dans les communautés chrétiennes et évoqué les catéchumènes et les nouveaux baptisés, appelés à témoigner de leur cheminement auprès de ceux qu’ils rencontrent.
Cette ferveur populaire vient bousculer certaines représentations d’une Église vieillissante ou repliée sur elle-même. Elle ne fait pas disparaître les difficultés, ni les questions auxquelles les communautés chrétiennes doivent répondre. Mais elle rappelle qu’une soif spirituelle demeure, que des hommes et des femmes cherchent un sens à leur vie et que l’Évangile continue de susciter des engagements.
Pour les responsables de CANA, cette expérience est une invitation à ne pas perdre confiance dans la mission auprès des couples. Les attentes sont nombreuses, les situations conjugales parfois complexes et les chemins de foi très divers. Pourtant, tant de personnes aspirent à vivre un amour durable, à trouver leur place dans une communauté et à transmettre quelque chose de précieux à leurs enfants.
La rencontre avec le pape et cette assemblée hors du commun rappellent que CANA s’inscrit dans une aventure qui la dépasse : celle d’une Église appelée à rejoindre les hommes et les femmes de son temps, à leur annoncer l’amour de Dieu et à leur offrir des lieux où cet amour peut être accueilli et partagé.
Repartir à la source pour continuer à donner
Pour Sophie et Jérôme, Agnès et Xavier, Daphnée et Matthieu, ce déplacement à Paris aura été bien davantage qu’un rendez-vous exceptionnel dans l’agenda de CANA. Il aura été une occasion de manifester ensemble leur attachement à l’Église, de se laisser rejoindre par la parole du pape et de contempler la vitalité d’un peuple rassemblé autour du Christ.
Dans une mission qui repose largement sur l’engagement de couples missionnaires, il est précieux de pouvoir élargir son regard, retrouver d’autres visages de l’Église et se rappeler que l’on ne porte jamais seul ce qui nous est confié.
À la fin de son homélie, Léon XIV a prié pour que des sources d’eau vive jaillissent au sein du peuple de Dieu et fassent fleurir en France des germes de foi, d’espérance et de charité.
Une belle manière de relire la mission de CANA : permettre à des couples de retrouver la source de leur amour, les aider à traverser les saisons de leur histoire et les encourager à devenir, à leur tour, des sources de vie pour d’autres.
De retour dans leurs régions, les trois couples responsables poursuivent leur engagement avec cette conviction renouvelée : au cœur des joies et des défis de la vie conjugale, il y a une bonne nouvelle à annoncer, une espérance à faire grandir et des chemins à ouvrir pour que l’amour puisse porter du fruit.